Retour à Berratham

Chorégraphie et Mise en scène :  Angelin Prejlocaj

Auteur : Laurent Mauvigner

Théâtre : Chaillot

Avec : Virginie Caussin, Laurent Cazanave, Aurélien Charrier, Fabrizio Clemente, Baptiste Coissieu, Margaux Coucharrière, Emma Gustafsson, Verity Jacobsen, Caroline Jaubert, Émilie Lalande, Barbara Sarreau, Niels Schneider, Liam Warren, Nicolas Zemmour

Angelin Prejlocaj, après un accueil mitigé à Avignon à l’été 2015 pour ce spectacle, revenait en octobre dernier au Théâtre National de Chaillot pour une vingtaine de dates.

Un homme revient dans la ville où il a vécu : Berratham. Cette ville fictive sera alors le lieu de l’action, celle où cet homme partira à la recherche de Nina, une femme qu’il a aimé autrefois et qu’il a laissé peu avant que la guerre n’éclate dans cette ville. Ce héros, qui a fui la ville dans ses moments les plus sombres a du mal à reconnaître l’endroit où il a vécu si longtemps et est plutôt mal reçu par ses habitants. En effet, les habitants de Berratham se méfient de lui, et pensent qu’il ne revient que pour une chose, récupérer ses propriétés de l’époque, laissées derrière lui.

De son côté, Nina a affronté la guerre, subissant des exactions terribles, comme le mariage forcé et le viol d’un soldat envahisseur engeandrant la naissance d’un enfant. Cet enfant deviendra alors sa raison de vivre et elle ne s’en séparera plus, jusqu’à sa mort, tuée par des malfrats de Berratham alors qu’elle défendait son nourrisson. C’est à ce moment précis que le héros retrouvera la trace de Nina, et l’assistera dans ses derniers moments, alors qu’elle agonise dans ses bras.

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Ce texte de Laurent Mauvigner a été écrit spécialement pour le metteur en scène Angelin Prejlocaj, qui rêvait d’une tragédie contemporaine, reprenant les codes de l’Antique mais sans références historiques ou mythologiques. Nous retrouvons alors plusieurs éléments directement tirés des tragédies grecques, comme la présence de chœurs ou encore l’idée de destinée envers laquelle on ne peut échapper.

Malheureusement, ce texte ne convainc que partiellement, du fait de son manque d’originalité. La tragédie ne prend alors que moyennement du fait de son intrigue trop simpliste dans ce décor désolé, pourtant propice à l’arrivé d’événements graves et extraordinaires.

La scénographie est, quant à elle, plutôt réussie. La scène est entourée par des grillages où les prédicateurs grimpent pour narrer l’histoire. Ces grillages sont amovibles et sont placés à divers endroits pendant le spectacle, de sorte que les comédiens et les danseurs jouent avec et s’appuient dessus.

Dancers perform during a rehearsal of the play 'Retour a Berratham' by French choreographer Angelin Preljocaj, in the 'Cour d'Honneur of the Palais des Papes' as part of the Avignon theater Festival in the French southern city of Avignon on July 17, 2015. AFP PHOTO / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Le reste du plateau est plutôt vide, une voiture calcinée se retrouve côté jardin tandis que des dizaines de sacs poubelles sont disposés côté cour. Le spectateur a donc peu de difficultés à imaginer cette ville détruite et pauvre de Berratham, dont l’ambiance qui en ressort fait fortement penser à une ville des Balkans.

Enfin, comme à son habitude, les spectacles de Prejlocaj sont animés tout au long de la pièce par de magnifiques chorégraphies de danse contemporaine, à l’image de celle du mariage de Nina, où sa robe de mariée se décompose petit à petit jusqu’à ce que l’actrice se retrouve nue sur scène et entame une danse puissante et violente, qui marquera le spectateur.

C’est donc un spectacle moyennement réussi auquel nous aurons assisté. En effet, même si l’ambition et la démarche de celui-ci pouvait être intéressante, le pari n’est que partiellement rempli.

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