Le Sorelle Macaluso

Texte et mise en scène :  Emma Dante

Théâtre : Espace 1789

Avec : Serena Barone, Elena Borgogni, Sandro Maria Campagna, 
Italia Carroccio, Davide Celona, Marcella Colaianni, Alessandra Fazzino, Daniela Macaluso, Leonarda Saffi, Stéphanie Taillandier

Emma Dante se produisait le 3 décembre dernier à l’Espace 1789 de Saint-Ouen pour une représentation de sa dernière production, Le Sorelle Macaluso, drame familial mêlant théâtre, danse et chant.

La pièce s’ouvre dans le noir, des bruits de pas se font entendre et petit à petit le spectateur commence à distinguer un groupe de personnes, composé en majorité de femmes, marchant d’un bout à l’autre de la scène en rythme. De manière régulière, l’un des personnages s’écroule, la plupart du temps celui-ci est rattrapé et soutenu par les autres et finit par continuer sa marche. Parfois, l’un de ces personnages tombe sans que le groupe n’arrive à le retenir. Le spectateur ne le sait pas encore mais toute l’intention de l’auteure pour ce spectacle est cachée dans ces premières minutes.

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Ce groupe, c’est la famille Macaluso, composé d’un père, d’une mère et de sept filles. Petit à petit le théâtre se met en place, une scène commence, celle d’une excursion familiale un dimanche à la mer. Les sœurs, encore enfants, sont heureuses de pouvoir bénéficier de ce jour de vacances et chacune d’entre elles se prépare pour profiter au maximum de ce moment. Elles arrivent alors au bord de l’eau et entament des jeux d’enfants dans une ambiance joyeuse communicative pour le public. L’un de ces jeux tourne alors au drame et l’une des soeurs, la cadette, se noie. Ce drame initie alors le propos du spectacle, celui du souvenir de l’être aimé et disparu.

Au total, ce sera quatre drames qui toucheront la famille Macaluso, mais ces morts sont on ne peut plus vivants dans l’esprit des survivants. Emma Dante les fait alors apparaître et revenir par moment. Ces disparus sont alors toujours là, restant à jamais figés dans leurs derniers moments de vie, à l’image de cette petite sœur en train de jouer dans l’eau et comptant à l’infini jusqu’à 10 en italien (Uno, Due, Tre, Quattro, Cinque…) ou du fils de l’une des soeurs, footballeur amateur jonglant et dribblant avec une balle imaginaire.

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La danse est également présente dans ce spectacle et l’on sera ému pendant les moments où la mère Macaluso, disparue très tôt dans la vie de ses enfants, danse avec son mari. Le spectacle se finira d’ailleurs sur une autre danse, celle de l’une des sœurs qui finira nue sur scène, dans un moment intense et puissant.

La scénographie de la pièce est très simple, aucun décor ne se trouvera sur le plateau. Emma Dante préfèrera alors chorégraphier les mouvements des personnages et les habiller d’une lumière faible, propice à l’évocation du souvenir. Ce thème du souvenir, également concrétisé dans des répliques revenant tels des échos plusieurs fois dans le spectacle, est admirablement retranscrit par le metteur en scène et sera donc le fil conducteur de la pièce. Le spectateur sortira alors de ce spectacle ravi, heureux et mélancolique, avec de jolies images pour souvenir.

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